Inflation 2026 : un risque de retour modéré — Europe et France
L’inflation a nettement reculé en 2024–2025 après les pics de 2022–2023. Cependant, plusieurs signaux convergent : à partir de 2026, une reprise modérée de l’inflation est probable.
Les facteurs sont similaires dans toute l’Europe :
- hausse des coûts de matières premières (énergie, métaux, agriculture)
- tensions géopolitiques persistantes
- hausse tendancielle des salaires liée aux pénuries de main-d’œuvre
Cette combinaison crée un risque de deuxième cycle inflationniste, plus structurel et durable que la phase précédente.
Ouverture sur la France
Pour la France, les projections actuelles indiquent une inflation modérée mais non négligeable. Les tendances principales sont les suivantes :
- l’inflation totale a reculé en 2024
- une remontée progressive est attendue en 2026
- les postes les plus sensibles restent l’alimentation, l’énergie et certains services
Les conséquences probables sont :
- pouvoir d’achat des ménages sous pression
- taux d’intérêt susceptibles de rester relativement élevés
- arbitrages accrus entre marges, prix et investissements
La probabilité d’un scénario fortement inflationniste reste faible, mais le risque d’une inflation durable et diffuse est réel.
Mécanisme central : inflation par les coûts
La nouvelle inflation n’est pas tirée par la demande, mais par les coûts de production. Les sources de pression principales sont :
- énergie
- transport et logistique
- salaires
- approvisionnements
Pour beaucoup d’entreprises françaises, les marges ont déjà été réduites lors des deux dernières années. L’alternative est simple :
- absorber les hausses et diminuer les marges
- ou répercuter les hausses sur les prix
Cette dynamique alimente une inflation lente, progressive, mais tenace.
Pressions salariales et marché du travail
Le marché du travail reste tendu en France :
- départs massifs à la retraite
- difficultés de recrutement dans de nombreux métiers
- attractivité variable selon les secteurs
Pour fidéliser, de nombreuses entreprises augmentent les salaires. Dans une économie majoritairement tertiaire, cela se traduit par des coûts supplémentaires, sans hausse équivalente de productivité à court terme.
Chaînes logistiques et géopolitique
Les chaînes logistiques restent fragiles et exposées :
- tensions en Mer Rouge
- guerre en Ukraine
- rivalité États-Unis / Chine
- aléas climatiques sur certaines productions
Chaque perturbation locale a désormais un impact global. La mondialisation n’a pas disparu, mais elle est devenue fragmentée. Plus de frictions signifient plus de volatilité des prix.
Conséquence majeure : les taux d’intérêt
Si l’inflation se maintient, les taux ont peu de raisons de redescendre rapidement. Taux élevés impliquent :
- crédit immobilier plus cher
- investissements d’entreprise plus coûteux
- contraintes budgétaires pour les collectivités
Une économie financée par crédit devient naturellement plus prudente.
Secteurs français les plus exposés
- immobilier et construction
- hôpitaux et services publics
- agriculture et alimentaire
- transport et logistique
- industrie capitalistique
Ces secteurs combinent coûts élevés, difficultés de recrutement et investissements importants.
Trois scénarios réalistes
Pour 2026, trois scénarios existent :
- scénario favorable : inflation contenue, compatible avec la croissance
- scénario central : inflation durable, activité ralentie, arbitrages nécessaires
- scénario défavorable : stagnation + inflation, d’où tensions économiques et sociales
Le scénario central est à ce stade le plus probable.
Que peuvent faire les entreprises ?
Trois leviers pratiques :
- prioriser les investissements essentiels
- maîtriser les coûts (énergie, achats, stocks, transports)
- travailler sur l’attractivité, le climat de travail et la rétention des talents
L’organisation du travail et la qualité du management deviennent des facteurs économiques.
Conclusion
L’inflation ne repart pas de façon spectaculaire, mais le cycle de baisse est terminé. Pour la France comme pour l’Europe :
- risque modéré mais durable
- coûts élevés
- taux d’intérêt probablement stables ou hauts
- arbitrages à prévoir pour ménages, entreprises et collectivités
Un fil d’actualité régulier permet de suivre ces signaux semaine après semaine et de distinguer les tendances de fond des fluctuations de court terme.